Deux Comanches championnes d’Europe

Cette période de confinement est l’occasion pour le club des Comanches de prendre du recul, et de revenir sur des évènements qui ont marqués le début de l’année 2020.

En février dernier, deux sportives de l’équipe des Comanches représentaient l’équipe de France de Baseball5 à Vilnius, en Lituanie. Ces athlètes étaient Pauline PRADE et Léna SELLAM.

Un feedback de quelques années nous permet de comprendre l’essor de cette discipline. Dans les années 2010, à Cuba, une nouvelle forme de pratique se développe : le baseball de rue. A cette époque, cette pratique est prisée auprès des jeunes dans les quartiers carencés, où le rêve de devenir baseballeur professionnel est plus que présent. Cependant, ces jeunes sont vites rattrapés par la réalité, à savoir le coût du matériel pour s’entraîner dans un club à de nombreux kilomètres. Avec le temps, et la volonté de développer une nouvelle pratique, la fédération internationale de baseball softball (WBSC) s’est lancée dans la promotion de cette pratique, en y posant un cadre réglementaire nécessaire à son développement. La France a été pionnière en Europe depuis 2018 en s’investissant dans le développement de cette pratique à travers les clubs. Le club des Comanches propose cette discipline à l’entraînement.

Cette nouvelle discipline, facile d’accès, plaisante et dont les rencontres sont extrêmement rapides (environ 30 minutes) connaît une promotion exponentielle, jusqu’à se voir organiser à travers un championnat d’Europe, un championnat du monde, mais aussi d’être intégrée aux Jeux Olympiques de la jeunesse en 2022.

Les premiers championnats d’Europe ont eu lieu cette année, en 2020, en Lituanie, où nos françaises sont devenues CHAMPIONNES D’EUROPE. Cet article est l’occasion de réaliser un interview de Pauline et Léna, quelques semaines après ce titre.

Interview

Pauline, Léna bonjour,

L’objectif de ces questions est de pouvoir nous faire vivre l’expérience de ce championnat d’Europe de Baseball5, comme si nous y étions.

Quelles étaient tes impressions en amont de la compétition ? Quelle était votre préparation personnelle en amont de la compétition ? Quel était l’objectif de la compétition ?

Pauline : « L’inconnu était ma principale impression. Je ne connaissais pas le niveau de notre équipe, ni celui de toutes les autres. Toutes les équipes se trouvaient sur un pied d’égalité car il n’était plus question d’avoir un lanceur dominant ni de bons frappeurs, mais “seulement” de la dextérité, de l’explosivité et de la réactivité, ce qui est à la portée de toutes les nations !

J’ai révisé mes fondamentaux, repensé à mes expériences précédentes dans la discipline (Paris, Rome, Cuba) que j’aie eu la chance de vivre, pour m’en inspirer, retrouver les réflexes aussi bien physiques que tactiques, parce que ça bouge tout le temps et très vite.
L’objectif était clair, une fois arrivés en Lituanie : repartir avec le titre et la Coupe dans le sac ! »

Léna : « En amont de la compétition, je me disais que ce format pour le baseball 5 était nouveau et donc que nous étions lancés dans l’inconnu. Personnellement, ma préparation fut courte,  il y eu 2 entraînements en situation de match et l’Open de France, dont le rythme des matchs s’est avéré similaire à celui de la compétition. L’objectif de la compétition était la 1ère place ! »

Lors des matchs de poules, vous perdez sur le fil une rencontre de haut niveau pour la 1ière place contre la Russie. Quelle a été votre réaction ?

Pauline : « Dans un match de Baseball5, tout peut basculer, et très vite. La rencontre contre les Russes a été corsée, jusqu’au bout, on avait face à nous des adversaires de taille, qui nous ont donné du fil à retordre dès le début de la compétition. On a su se remobiliser après cette défaite pour gagner les autres matchs, non sans mal, mais cela nous a servi, nous a montré qu’il ne fallait rien lâcher, ce que l’on a fait contre les Bulgares quelques heures après. L’échec du matin nous a permis de remporter ce match l’après-midi. »

Léna : « A la fin de cette rencontre, j’ai été plus que motivée car je me suis dit, d’accord, il y a du niveau, cela ne sera qu’encore plus intéressant ! »

Sur la deuxième phase, vous vivez un parcours parfait qui vous permet d’obtenir un qualification en demi finale contre l’Italie. Pouvez-vous me résumer cette rencontre ?

Pauline : « Dans cette seconde phase, il ne suffisait plus de gagner un match pour être qualifiés, c’était au meilleur des 3 matchs. 2 victoires contre l’Italie était synonyme de finale et de qualification pour la Coupe du Monde, un double enjeu ! Nous remportons le premier match, on était alors à un match de mettre les pieds au Mexique. Et comme pour faire durer le suspens jusqu’au bout, le 2ème match nous échappe, sans avoir réussi à remonter. Le dernier match était alors décisif, que nous gagnons face à une belle équipe Italienne, qui aura été la seconde à nous faire chuter durant ce Championnat. »

Léna : « L’Italie fut une rencontre difficile, nous les affrontions le soir, après une journée de match et il s’est avéré qu’ils nous ont pris une victoire sur les 3. Ce fut un match intense mentalement, car l’enjeu était de taille : une place en finale et un ticket pour les championnats du monde au Mexique ! »

Vous êtes en finale. Quel a été votre discours interne en amont de cette rencontre ? Et pendant la rencontre ?

Pauline : « “Il y a plus qu’à” ! En moins de 24h on avait l’occasion de se qualifier pour la Coupe du Monde et de remporter le titre de Championnat d’Europe. Si ce n’était pas déjà fait, on a pris conscience de notre niveau et de notre capacité à aller au bout et remplir l’objectif fixé quelques jours plus tôt. L’autre demi-finale qui opposait la Lituanie à la Russie, remportée par la Lituanie devant son public, très présent, promettait une belle finale.
Le public lituanien ne nous a pas déstabilisé pour autant, et après une première manche mitigée, nous creusons l’écart dans ce second match pour le remporter et ajouter cette victoire à la première. »

Léna : « En amont de cette finale, je me suis dit que enfin nous y sommes, ce pourquoi nous sommes venus se tient devant nous, il n’y plus qu’à y aller. Pendant la rencontre ce fut un stress énorme au début et puis une hargne, une agressivité, une envie de gagner constante qui se révéla. »

Aujourd’hui, que retenez-vous de cette compétition ?

Pauline : « Une compétition très intense, c’est à peine si on a 10 secondes dans un match pour souffler ! On a joué 13 matchs en 3 jours, dont 6 le premier jour, rien de tel pour annoncer la couleur du reste de la compétition ! Beaucoup de fatigue, notamment physique car ce sont des efforts très courts mais à répétition.

Néanmoins, beaucoup de positif notamment pour sa translation dans le softball, la lecture de balle lorsqu’elle est frappée, ne pas anticiper et rester solide pour l’attraper, car elle est plus petite, plus rebondissante qu’une balle de softball et l’absence de gant se fait cruellement ressentir lorsque cette petite balle nous passe juste à côté et pour laquelle il suffirait de tendre le gant dans un dernier effort pour l’avoir ! On pallie ce manque par un travail de pied rapide et explosif, ainsi qu’une aisance de main, la droite comme la gauche.

Sur l’aspect mental, c’est une compétition et une discipline qui exige de passer à autre chose une fois l’erreur faite en défense comme en attaque. C’est une sport plus rapide encore que le softball, et dans lequel il faut être 100% disponible, à chaque action et qui nous laisse par conséquent aucun temps pour ressasser l’erreur. C’est un des meilleurs enseignements que l’on peut tirer du B5 !

Un titre de Championne d’Europe mais aussi une hargne et agressivité que je ne me connaissais peu. »

Léna : « Etant donné le niveau de cette première compétition, des adversaires et de notre équipe, je m’attends à voir venir de belles choses pour cette discipline. »

Je vous remercie à toutes les deux. Bon courage et bonne continuation.

Photos de la compétition

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